14/03/2013
Les grands romanciers : Maurice Genevoix
Le grand témoin de la Grande Guerre
Par Michel Grenouilloux
Né en 1890 et mort en 1980, il a été grièvement blessé durant la guerre 14-18.
On peut lui considérer 3 vies littéraires :
- La guerre
- L’écrivain de la Loire (Châteauneuf sur Loire)
- L’écrivain de la vie des animaux.
Pourquoi est-il si peu reconnu ?
- Ecriture de facture classique qui confine au maniérisme (accès difficile)
- Pas mondain
- Eclipsé sur son œuvre de guerre par Barbusse (Le Feu) et Dorgelès (les Croix de Bois)
- Plus jeune que les précédents, débutant en littérature.
Il est né à Decize d’un père agent d’affaires (représentant) et d’une mère fille d’épicier. Il passera son enfance à Châteauneuf. Comme son père et sa mère travaillent, il est mis à la maternelle dès l’âge de 22 mois.
En 1893 naît son frère..
En 1894 il contracte le croup, maladie mortelle à l’époque. Il est sauvé par le docteur Brunet son oncle qui est ami du docteur Roux qui vient de mettre au point un sérum contre cette maladie.
Il est bon élève à l’école et très sportif.
En 1901 il entre comme pensionnaire au lycée d’Orléans. Il y découvre la littérature et en particulier Maupassant.
La mort de sa mère en 1903 est une profonde blessure.
Grâce à une bourse il va pouvoir faire des études supérieures. Il découvre déjà l’écriture. Il entre à Lakanal à Sceaux pour prépare Normale Supérieure (1908-1910).
Il passe le concours en 1911 et le réussit. Il part ensuite 1 an au service militaire puis effectue un stage de 10 semaines au bataillon de Joinville.
En 1912 il entre à Normale Sup dirigée à l’époque par Ernest Lavisse. Il y rencontre Paul Dupuit secrétaire général de l’institution, c’est le début d’une longue amitié.
En 1913 il termine sa scolarité et présente son mémoire « le réalisme dans l’œuvre de Maupassant ».
En 1914 il est mobilisé à Châlons-en-Champagne comme sous-lieutenant. Il entretient une correspondance suivie avec Paul Dupuit.
Il échappe une première fois à la mort le 24 septembre 1914, il est sauvé par un bouton de cuivre de sa tenue.
En 1915 il est promu lieutenant. Il est déplacé vers la tranchée de Calonne.
Il est grièvement blessé de 3 balles, mais sans infection à la suite. Il va faire 16 mois d’hôpital et il est réformé définitivement, le bras gauche perdu.
Il reprend contact avec Dupuit et lui fait lire ses notes de guerre : ce dernier par ses relations le met en rapport avec les éditions Hachette. Génevoix se consacre à l’écriture de ses souvenirs de guerre dans une turne mise à sa disposition à l’école normale.
En 1916 paraît le premier des 5 volumes sur la guerre « Sous Verdun » avec une préface de Lavisse. Ce premier volume sera largement censuré.
Paraîtront ensuite les quatre autres volumes :
- Nuit de guerre
- Au seuil des guitounes
- La boue
- Les Eparges
Il publie également un roman « Jeanne Roblin »
En 1919 il est atteint de la grippe espagnole. Il revient à Chateauneuf. En 1922 il publie « Rémi Desroches » qui obtient le prix Blumenthal et en 1925 « Raboliot » qui obtient le prix Goncourt.
Il écrit également de la poésie en prose et des bestiaires.
Son père décède en 1928. Cette même année il fait l’acquisition d’une masure en bord de Loire « Les Vernelles ». C’est là qu’il écrira tous ses ouvrages par la suite.
En 1937 il se marie à Yvonne de Montrosier qui meurt l’année suivante alors qu’elle était enceinte. Pour oublier il part au Canada faire un cycle de conférence. Ce pays va l’inspirer.
En 1940, sous l’occupation, il quitte Les Vernelles pour se réfugier en Aveyron en zone libre. Il y rencontre Suzanne Vial, veuve et mère d’une petite fille, qu’il va épouser.
Après la guerre il va donner de nombreuses conférences dans le monde entier. Il est élu en 1946 à l’Académie Française.
En 1949 paraît « ceux de 14 » qui est la réunion de ses 5 volumes sur la guerre.
En 1958 il devient secrétaire perpétuel de l’Académie Française.
Peu de temps avant sa mort il publie « 30 000 jours ».


