vendredi 18 mars 2011

Etre Alsacien de 1868 à 1948 (2ème partie)


17/03/2011
Etre Alsacien de 1868 à 1948
Par Bernard Herold
 
Deuxième partie


Pendant la guerre 1914-1918, même si cela a été passé sous silence, il y avait un front en Alsace sur les Vosges. Les soldats Alsaciens entre 1915 et 1917 ont été engagés principalement sur le front de l’Est. Après 1917 ils vont être rapatriés sur le front Ouest mais disséminés dans les divers régiments.


Bilan :
-250 000 mobilisés
-50 000 tués
-150 000 blessés.


Les civils sont peu enclins à accepter la guerre car c’est une population essentiellement agricole qui craint les dévastations potentielles. Les Allemands font preuve d’une certaine suspicion vis-à-vis des Alsaciens: peu à peu ils vont en arriver à se comporter comme dans un pays occupé.


Après la guerre, le retour à la France n’est pas si aisé : Le président des USA Wilson n’est pas convaincu qu’il faille rendre l’Alsace à la France. Il faudra l’intervention de Eugénie de Montijo (par l’intermédiaire d’un fils naturel de Napoléon III ) près de Clemenceau en présentant une lettre de Guillaume II écrite en 1870 qui présentait l’Alsace comme un rempart pour protéger l’Allemagne pour qu’enfin le retour de l’Alsace à la France ne soit pas un objet de négociation mais un droit non négociable.


Après le traité de Versailles est promulguée la loi de réintégration. Les Alsaciens dans un premier temps sont classés en quatre catégories :
-A deux parents nés en Alsace
-B un parent né en Allemagne
-C parents nés dans un pays neutre
-D deux parents nés en Allemagne.
Le dernier cas n’était pas rare car il avait fallu remplacer les Alsaciens qui avaient fui le joug Allemand.
La francisation scolaire et administrative est mise en place. Dans les écoles on adopte la méthode directe, interdiction de parler un mot d’allemand sauf pour l’instruction religieuse. On met en place des assistants français pour les instituteurs et cette mesure va être très mal acceptée, les relations vont être difficiles et beaucoup d’instituteurs vont être révoqués. Cela va entraîner un résultat catastrophique au certificat en 1919. En conséquence Charletty recteur va accepter un peu d’allemand à l’école.
On estime à 100 000 le nombre de personnes qui vont quitter l’Alsace, dont environ 10 000 instituteurs.
Concernant le vin, le débouché vers l’Allemagne se ferme engendrant une grave crise qui va amener les producteurs à améliorer leur qualité pour trouver de nouveaux débouchés.
Les lois spécifiques vont être conservées malgré quelques tentatives d’uniformisation (Herriot en 1924). Le clergé garde son statut de fonctionnaire.


En 1939, 374 000 Alsaciens (sur un total de 1,2 millions) sont évacués vers le sud-ouest de la France. Leur arrivée va être difficile en raison des différences de mode de vie et de niveau social. A l’armistice de Rethondes en 1940, le traité ne parle pas de l’Alsace et de la Lorraine. Le 4 juillet l’ancienne frontière de 1871 est rétablie. Les soldats alsaciens sont libérés.
Sur les 374 000 Alsaciens évacués en 1939, 320 000 reviennent en Alsace.
C’est à nouveau la germanisation : interdiction du français, nazification des mouvements, quadrillage du pays, création du RAD qui est un genre de STO mais en plus militarisé pour les jeunes garçons et filles de 17 à 25 ans.
Le 23 août un décret donne la nationalité allemande à tous les Alsaciens, il en découle que pour eux le service militaire devient obligatoire. Ils vont être envoyés majoritairement sur le front de l’Est. 12 000 jeunes vont prendre la fuite en 1942 pour ne pas être enrôlés. A la suite de cela un décret va être promulgué pour responsabiliser la famille.
Dans le camp de Tambo en URSS on regroupait les prisonniers des pays " amis ". Beaucoup y sont morts, 130 000 Alsaciens y ont été incorporés. Ceux qui en reviennent seront mal vus.
Il y eut une résistance en Alsace, mais plus difficile en raison du maillage du territoire.


Le retour à la France a vu un nouveau cycle d’épuration-condamnation, mais en global cela c’est mieux passé qu’en 1918.
Il faut signaler qu’à Oradour-sur-Glane il y avait 14 Alsaciens, 13 incorporés et 1 volontaire dans le corps de la Waffen-SS. Aux procès de Bordeaux ils seront condamnés à la prison à vie, mais un an après les 13 " malgré nous " seront amnistiés.
Il existe encore en Alsace un droit différent, avec certaines lois françaises d’avant 1871 et la permanence de loi allemande promulguée entre 1871 et 1918.
 

vendredi 11 mars 2011

Valmy


10/03/2011
VALMY
Par Mr Delettre
La fuite de Varennes a provoqué une rupture dans la mentalité des français. A partir de ce moment Louis XVI est considéré comme parjure car il reniait les serments .
Les conséquences de cette fuite et de Valmy vont être le passage d’une monarchie constitutionnelle à une république.
En septembre 1791, c’est la fin de la constituante, la constitution accorde au roi le droit de veto : cette constitution va s’avérer inapplicable dans les faits.
La nouvelle assemblée (législative) est totalement renouvelée car les constituants n’ont pas eu le droit de se représenter .
Louis XVI depuis 1789 a adressé des lettres aux rois étrangers pour qu’ils viennent à son secours. Parallèlement il y a eu émigration de la noblesse. La fuite du roi a montré qu’il jouait double-jeu.
Pendant l’hiver 1791-1792 la question qui secoue l’opinion est : " doit-on faire la guerre ? ". Les Girondins pensent qu’il faut la faire pour mettre le roi au pied du mur. La Fayette et la Cour sont pour la guerre mais pas pour les mêmes raisons, la Cour espère que la guerre verra la défaite de la France et ainsi le roi sera appelé à la rescousse. Pendant ce temps le peuple s’agite en raison du coût de la vie et du manque de nourriture. En final cela provoque une atmosphère de manque de confiance généralisée. Des gens vont demander un changement de roi d’autres vont réclamer la république.
Les monarchiens veulent la paix. Robespierre dans un premier temps souhaite la guerre puis ensuite devient favorable de la paix.
En mars 1792 Louis XVI appelle des girondins aux ministères
Le 20 avril 1792 déclaration de guerre au roi d’Autriche. Une attaque vers les Flandres fin avril est un échec total car les plans de l’attaque ont été fournis à l’ennemi.
Pour restaurer l’ordre et le respect du roi après l’invasion des Tuileries par le peuple, La Fayette veut soulever la garde nationale, mais Petion informé par Marie-Antoinette décide d’annuler la revue.
Le 11 juillet " déclaration de la Patrie en danger ".
Le peuple s’engage en masse. La Commune Insurrectionnelle demande la destitution du roi. N’ayant pas obtenu satisfaction, elle part à l’assaut des Tuileries le 10 août aidée des Fédérés et au chant de La Marseillaise. Le lendemain l’assemblée nomme un exécutif provisoire avec Danton et des girondins.
Pendant ce temps Autrichiens et Prussiens se concentrent au Luxembourg, mais les troupes sont dans un mauvais état sanitaire. Le 19 août La Fayette passe à l’ennemi mais il y est très mal reçu: il sera mis en prison plusieurs années. Dumouriez le remplace: de petite noblesse il a choisi les armes, il a fait la guerre de 7 ans puis a été agent secret du roi dans divers pays et enfin il a été ministre de la guerre. C’est donc un homme expérimenté et très ambitieux.
Le 23 août Brunswick entre en France et prend Longwy , par contre Thionville lui resiste et ne cédera pas.
Il pleut depuis 3 semaines, les Français dispose de 56 000 hommes et les étrangers 40 000.
Le 2 septembre les Prussiens arrivent à Verdun où la municipalité leur ouvre les portes. Mais les Prussiens ont un gros problème de ravitaillement. Ils arrivent en Argonne.
Dumouriez, contre l’avis de Servan ministre de la guerre décide que c’est en Argonne qu’il faut bloquer l’ennemi. En Argonne 6 passages sont possibles : le Chêne, Croix aux bois, Grand Pré, Lachalade, Les Islettes et la trouée de Revigny.
Dumouriez s’installe entre les Islettes et Sainte-Menehould. La Croix-aux-Bois cède à l’ennemi mais Chazot est à proximité et le passage est étroit. Kellermann basé à Revigny est en désaccord avec Dumouriez et partage l’opinion de Servan : il temporise autour de Vitry et Bar-le-Duc. Puis il se décide à remonter vers Sainte-Menehould et il arrive à Dommartin-la-Planchette le 19 septembre.
Ce sont des militaires de carrière qui vont participer aux combats : excellents soldats ravitaillés par la population locale. En outre il possèdent de très bon canons de 2 km de portée qui ont été utilisés pendant la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Le Duc de Chartres, futur Louis-Philippe participe à la bataille.
Brunswick va attaquer 3 fois sans succès avant d’abandonner pour économiser les vies humaines, car au même moment se passe l’affaire de Silésie qui oppose Prussiens et Autrichiens. Dumouriez, assisté de Westermann entre en négociation avec Brunswick.
Finalement cette bataille a fait peu de mort directement, mais beaucoup sont morts ensuite des deux côtés à cause de la dysenterie.
Le 21 septembre, première séance de la convention. Collot d’Herbois et l’abbé Grégoire proposent l’abolition de la monarchie. C’est l’an 1 de la république. Le 25 septembre Couthon proclame que la république est une et indivisible.