15/05/2014
Littérature : La femme dont l’œuvre est née de la souffrance et de la revendication de la liberté
Par Chantal Nivlet-Januel
Colette (28 janvier 1873 – 3 août 1954)
Elle n’a jamais voulu écrire, elle est venue à la littérature par son premier mari Willy.
Elle est née en province, à Saint-Sauveur-en-Puisaye et à passé toute son enfance à la campagne. Son père, mutilé de guerre y avait un poste de percepteur. La mère de Colette, Sidonie était une originale qui avait eu 2 enfants d’un premier mariage. Le père était un mauvais gestionnaire qui allait d’échec en échec : Sidonie ne le lui pardonnait pas. Cette dernière a appris à ses enfants à être indépendants et réfractaires. Son fils Achille sera médecin et aidera sa famille quand celle-ci sera dans la gêne
Willy vient à Saint-Sauveur pour proposer la garde de son enfant. C’est une personne très connue à Paris qui écrit et fait travailler des nègres. Colette va se marier avec Willy à 20 ans. Il l’emmène à Paris et l’installe dans sa garçonnière, Il l’emmène partout. Colette ne s’y plait pas et tombe malade.
Willy beaucoup plus âgé que sa femme est un écrivain célébre qui utilise les services de nègres tel que Francis Carco, Pierre-Jean Toulet et d’autres. Colette en 1900 écrit Claudine à l’école qui paraîtra sous le nom de Willy. Ensuite suivront Claudine en ménage et Claudine à Paris (1902), Claudine s’en va (1903) signés conjointement Colette et Willy.
En 1905 paraît Dialogues de bêtes sous le seul nom de Colette.
Willy la quitte pour Meg Villars en 1906.
Elle débute au music-hall. Elle rencontre Missy et en tombe amoureuse. Une représentation avec Missy fait un gros scandale. Plus tard Colette n’aura aucune reconnaissance envers Missy quand celle-ci sera tombée dans la gêne.
En 1907 paraît la retraite sentimentale et en 1909 l’ingénue libertine. En 1910 le divorce avec Willy est prononcé et paraît la vagabonde.
Elle épouse en 1912 Henri de Jouvenel qui a 2 enfants, l’un Bertrand a 16 ans avec lequel elle aura une liaison de plus de 6 ans ce qui rappelle étrangement Chéri pourtant écrit avant.
Sido meurt. Colette devient journaliste dans le journal de Henri de Jouvenel. Colette va avoir une fille, Bel-Gazou qu’elle négligera. En 1923 paraît le blé en herbe. Elle divorce à nouveau.
En 1925 elle rencontre Maurice Gondeket qui arrive au bon moment pour Colette qui a besoin de calme. Maurice ruiné en 1929, ils ouvrent un institut de beauté éphémère. Ils se marient en 1935 pour pouvoir se rendre aux Etats-Unis.
Auparavant sont parus La fin de Chéri (1926), La naissance du jour (1928) et Sido (1929).
En 1936 elle est élue à l’Académie Royale de Belgique. En 1943 paraît Gigi. En 1944 Missy se suicide.
En 1945 elle remplace Sacha Guitry à l’Académie Goncourt. Elle meurt le 3 août 1954. Elle aura droit à des funérailles nationales, mais pas chrétiennes.
Marina Tsvetaieva (16 septembre 1892 – 31 août 1941)
Toute sa vie elle a choisi d’être libre. Elle avait disparu de la littérature russe jusqu’en 1955.
Elle est née à Moscou dans un milieu doré, dans une famille cultivée. Son père était un spécialiste des langues européennes, professeur d’art et fondateur du musée Pouchkine. Sa mère avait appris le piano avec Rubinstein.
Elle a toujours voulu écrire. Elle apprend le français à l’age de 7 ans. En 1903 elle est interne dans une école française à Lausanne. Elle est très égocentrique. Elle écrit des vers. En 1910 paraît Album du soir qui est remarqué par Maximilien Volochine.
En 1911 elle épouse Efron. En 1912 elle publie La lanterne magique. Le 5 septembre elle met au monde sa fille Ariadna dite Alia.
En 1914 Sergueï Efron part à la guerre. Marina tombe amoureuse de Sophia Parnok, poétesse homosexuelle. Elle publie Poèmes de jeunesse en 1915 et Insomnies en 1916. Elle rencontre Akhmatora. Paraît ensuite Le camp des cygnes en 1917 qui met à l’honneur les soldats de l’armée blanche et La vie de Casanova : le Phénix en 1919.
En 1920 sa seconde fille Irina meurt de malnutrition dans un orphelinat. Elle se lie d’amitié avec Boris Pasternak avec lequel elle entretiendra une correspondance. En 1921 paraît Séparation.
Elle part pour Berlin où elle séjournera du 11 juin au 31 juillet puis le 1er août elle est en Tchécoslovaquie.
Elle retrouve son mari en 1925 et elle va mettre au monde un garçon Georgiu dit Mour. Le 31 octobre de la même année toute la famille part pour Paris. Elle entretient une correspondance avec Rilke.
En 1932 la famille vit à Clamart dans une situation financière dramatique.
En 1935 Efron commence à travailler pour les services secrets soviétiques.
En 1938 Tsvetaieva reste seule en France. En 1939 elle part pour Moscou . Le 27 août Alia est arrêtée et Efron l’est également le 10 octobre. Ce dernier va être interné avant d’être fusillé le 16 octobre 1941 en dépit de sa collaboration avec le régime.
En 1941 Marina se suicide par pendaison sans savoir ce qu’est devenu son mari.

