27/03/2014
TALLEYRAND, le caméléon de la politique
Par Jean-Bernard Soleillant
Talleyrand est né le 13 février 1754. Il a un pied-bot qui est une malformation héréditaire et non la conséquence d’une chute comme il l’a laissé entendre. Pour cette raison il ne peut pas faire une carrière militaire et donc contre son gré fera une carrière ecclésiastique. Son oncle, évêque à Reims lui met le pied à l’étrier. Il est ordonné prêtre en 1780 à Reims. Mirabeau le recommande à Calonne.
Talleyrand est franc-maçon. Il va devenir évêque d’Autun. Ses trois préoccupations sont l’argent, la politique et les femmes.
1789 voit arriver la révolution. C’est la convocation des Etats Généraux. Talleyrand établit un programme très révolutionnaire pour s’y faire nommer représentant du clergé.
Le 6 avril il est élu député représentant du clergé.
Octobre voit le retour du roi de Versailles à Paris, Talleyrand brigue alors le poste de ministre des finances, mais celui-ci est détenu par Necker. Il propose de transférer les biens de l’Eglise à l’état an grand dam de ses confrères : ce texte sera voté le 2 novembre.
Il devient président de l’Assemblée Constituante et propose la laïcisation de l’école.
En 1790, lors de la fête de la fédération c’est lui qui célèbre l’office.
En automne 1790 est promulguée la constitution civile du clergé, Talleyrand prête serment sans état d’âme.
Mais Talleyrand joue un double jeu, tout en servant la révolution il propose ses services à Louis XVI. Lorsque cela se sait, la Convention émet un mandat d’amener contre lui : il s’exile à Londres. En 1794, il doit quitter l’Angleterre et il part pour l’Amérique à Philadelphie.
Après la chute de Robespierre en novembre 1794, il envoie une lettre au directoire (à Barras) pour être autorisé à rentrer en France . La convention le réhabilite. Madame de Staël plaide sa cause et il va obtenir le titre de ministre des affaires extérieures le 17 juillet 1797.
Le 14 septembre 1797, il postule au poste de directeur mais il est contré par Revel qui le méprise.
Bonaparte revient à Paris, après la campagne d’Italie, devant les 5 directeurs. Puis il repart pour l’Egypte. Talleyrand n’est pas favorable a cette campagne et continue à jouer double jeu en proposant ses services à Louis XVIII.
Talleyrand a très mauvaise réputation et il est contraint de démissionner de son poste de ministre. Le coup d’état du 18 Brumaire le remet en selle puisqu’il retrouve son ministère. Il est toujours enclin à préférer le compromis à la guerre et militera toujours pour le respect des territoires.
En 1802 Bonaparte devient premier consul, il établit le concordat et sécularise Talleyrand qui peut ainsi épouser Catherine Grand.
Talleyrand acquiert le domaine de Valençay.
Dans l’enlèvement et l’exécution du duc d’Enghein il joue un rôle trouble.
Le 20 mai 1804 Bonaparte devient empereur des français.
De 1804 à 1807, c’est le temps des grandes conquêtes. Talleyrand suit et rédige les traités auxquels il ne croit guère.
En 1807 il démissionne, mais il restera un conseiller écouté de Napoléon. C’est la guerre en Espagne. Les infants sont exilés à Valençay.
En 1808 à Ehrfurt lors de l’entrevue avec le tsar Alexandre, Talleyrand travaille contre Napoléon avec Metternich.. C’est la rupture Napoléon Talleyrand. Ce dernier acquiert l’hôtel Matignon. Il reste cependant en contact avec Napoléon.
En 1810 Napoléon qui n’a pas d’héritier répudie Joséphine et se marie avec Marie-Louise d’Autriche.
1812 campagne de Russie. Malet fait courir le bruit de la mort de l’empereur.
Le 3 mars 1814 les armées étrangères sont en France. Le 31 mars c’est la capitulation, Talleyrand accueille le tsar et organise la restauration. Il est président du gouvernement provisoire et le 2 avril Napoléon est destitué et envoyé à l’île d’Elbe. Le traité de paix de 1814 signé avec les coalisés est favorable à la France grâce à Talleyrand. Il revient aux affaires extérieures.
En septembre 1814, au congrès de Vienne (Angleterre, Autriche, Prusse, Russie), Talleyrand admis comme simple auditeur est parvenu à mettre la zizanie entre les participants au profit de la France.
Après le retour de Napoléon en 1815 et son échec, le deuxième traité de Paris est beaucoup moins favorable à la France.
A la restauration Talleyrand devient de plus en plus libéral, il plaide pour la liberté de la presse. Il rencontre Thiers dont il financera le journal.
En 1824 c’est l’avènement de Charles X qui est très proche des ultras. En 1830 les « ordonnances » provoquent des émeutes et des barricades, ce sont les « 3 glorieuses » fatales à Charles X.
L’opposition se réunit chez Talleyrand. Louis-Philippe lui donne mission de rapprocher l’Angleterre de la France. La Belgique naît en 1830 à l’instigation de Talleyrand.
Il meurt le 18 mai 1838.
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